COBATY
FRANCE
Laurent
HENART
du
12 Décembre 2006
Intervention
de Laurent Hénart, Adjoint au Maire de Nancy,
Député et Ancien Ministre de
la cohésion sociale, invité de Cobaty
L
Hénart préside aujourd'hui l'agence Nationale des services à la personne. Il se
définit lui-même comme faisant partie de la " bande à Borloo " et à ce titre,
il a longuement développé la politique de cohésion sociale entreprise par le Ministre.
"
Cette politique repose sur deux idées simples. Tout d'abord : " le chômage est
un mal français plus qu'européen " La durée moyenne du chômage laissant un espoir
de retrouver un emploi est de 2 à 3 mois. La France se situe au premier rang quant
au nombre de chômeurs de longue durée (50% des chômeurs) pour lesquels retrouver
un emploi est beaucoup plus difficile. L'Angleterre mène une politique de plein
emploi à travers une réglementation légère et peu interventionniste. La Finlande
également mais avec une politique beaucoup plus interventionniste.
Deux
constats évidents émergent :
-
tous les pays qui ont adopté une politique de plein emploi ont dopé leur croissance.
Le soutien exclusif à l'industrie a également produit les mêmes effets.
-
nécessité de développer les services à la personne. Le stress et les maladies
psychologiques sont la cause d'un arrêt de travail sur deux depuis 2004. Le développement
du travail féminin ajouté aux " 35 heures " font que 5% des français utilisent
une heure légale de travail à domicile chaque mois (contre 30% aux USA et au Canada).
Le maintien à domicile des personnes âgées, la garde des enfants ou des personnes
handicapées, les travaux de ménages, d'informatique ou encore administratifs représentent
une vingtaine de métiers ouvrant droit à une TVA à 5,5%M et à une exonération
des charges grâce aux chèques emplois-services. Il s'agit là d'un service universel,
créateur d'emplois mais les offres ne sont pas pourvues et c'est là une particularité
française ! Le point de départ de ce problème réside dans l'image que le système
éducatif envoie de ces métiers. Un développement de l'apprentissage est nécessaire.
Lorsque l'Université propose une formation en alternance, c'est un atout supplémentaire.
Nous sommes passés de 60 000 apprentis à 500 000. La maison de l'emploi permet
de rassembler tout le monde sous le même toit en proposant un service unique.
Ainsi un conseiller s'occupe de cinquante à soixante demandeurs d'emplois au lieu
de 200 à 300 auparavant ! Le placement des chômeurs est beaucoup plus rapide et
il n'y a plus d'offre non pourvue.
Pour
aboutir au plein emploi, il faut : - mobiliser
beaucoup d'acteurs,
- travailler
dans la durée,
- conjuguer
plusieurs outils car il n'y a pas de recette miracle !
Après
ce brillant exposé, les Cobatystes n'ont pas manqué de poser de nombreuses questions
sur la maison à 100 000 euros, l'interaction entre la maison des chômeurs et les
différentes instances existantes, les moyens financiers du plan de cohésion sociale
etc.
On
constate : premièrement, une vraie crise du pouvoir d'achat en France. La politique
des 35 heures a entraîne une suppression des heures supplémentaires générant une
diminution du pouvoir d'achat des ménages français. Ajouté à cela une faiblesse
de la construction des logements dans les années 90, on assiste donc aujourd'hui
à une tension du marché immobilier. Ensuite, le système éducatif français est
très académique et coupé du monde professionnel. On oblige les élèves à rester
le plus longtemps possible à l'école et ensuite on les laisse se débrouiller.